Installé à Marseille depuis 2021, encore très localisé. Ce que dit l'Anses de sa dangerosité réelle.
Le frelon oriental est installé en France depuis 2021, mais il reste très localisé et beaucoup moins répandu que le frelon asiatique à pattes jaunes. Contrairement à ce qu'on lit souvent, l'Anses indique qu'il n'est pas agressif envers l'homme et qu'il ne constitue pas une menace pour les abeilles domestiques.
Le frelon oriental se distingue nettement des deux frelons que l'on croise habituellement en France. Sa coloration est très caractéristique : un corps largement brun-roux avec une large bande jaune vif sur l'abdomen et des taches jaunes sur la tête.
| Frelon oriental | Frelon asiatique à pattes jaunes | Frelon européen | |
|---|---|---|---|
| Couleur dominante | Brun-roux | Brun très foncé à noir | Jaune et brun-roux |
| Signe distinctif | Large bande jaune abdominale | Extrémité des pattes jaune | Abdomen jaune rayé de noir |
| Nid | Souterrain | Aérien, souvent en hauteur | Cavité, tronc creux, grenier |
| Taille du nid | ~1 000 individus max | Plusieurs milliers | ~1 000 individus |
Comment reconnaître un frelon asiatique ?
Le frelon oriental a été observé pour la première fois en France le 22 septembre 2021, à Marseille, dans le quartier de la Cabucelle, sur la friche de l'ancienne usine Saint-Louis. Il a été identifié par trois entomologistes du bureau d'études Ecotonia, dont la découverte a été publiée dans la revue Faunitaxys.
Un nid était déjà établi en 2021. La présence de l'espèce dans l'agglomération marseillaise s'est confirmée les années suivantes, avec un nid détruit en 2022 et un autre en 2023, ainsi que des individus observés en des points suffisamment éloignés pour indiquer l'existence d'autres nids.
En 2023, l'espèce a également été détectée dans le Var et les Alpes-Maritimes.
L'origine de son arrivée en France n'est pas tranchée.
L'hypothèse d'une introduction accidentelle par le transport maritime a d'abord été privilégiée, compte tenu de la localisation portuaire de la première détection. L'espèce a d'ailleurs été introduite accidentellement dans le sud de l'Espagne — à Valence en 2012, puis à Algésiras en 2018 — ainsi qu'au Chili.
Mais la détection de l'espèce dans le Var et les Alpes-Maritimes a modifié la lecture. Selon l'Anses, elle suggère plutôt une expansion naturelle de son aire de répartition depuis la péninsule italienne, où l'espèce est naturellement présente et progresse vers le nord sous l'effet du réchauffement climatique.
Non, selon l'Anses. Son rapport de juin 2025 est explicite : le frelon oriental « présente peu d'interactions avec l'Homme, n'est pas agressif envers lui ».
Cette conclusion contredit frontalement de nombreux articles de presse et de sites commerciaux publiés depuis 2021, qui présentent l'espèce comme « dangereuse pour l'homme ». Ces affirmations ne s'appuient sur aucune donnée sanitaire française.
Comme pour tout hyménoptère, une piqûre reste douloureuse et peut déclencher une réaction allergique chez une personne sensibilisée. Et comme pour toute espèce sociale, l'approche d'un nid provoque une réaction de défense. La règle des 5 mètres s'applique donc aussi ici — avec une difficulté supplémentaire : ses nids étant souterrains, ils sont beaucoup moins visibles, et le risque de les déranger par inadvertance lors de travaux de jardinage est plus élevé.
C'est le point sur lequel les sources divergent, et il faut le dire clairement.
L'Anses conclut en juin 2025 que le frelon oriental « ne représente pas une menace pour la santé des abeilles ».
Le Centre de ressources espèces exotiques envahissantes, animé par l'Office français de la biodiversité et l'UICN France, décrivait de son côté, lors de la première détection, « une nouvelle menace pour les activités apicoles, en raison de sa prédation sur les colonies d'abeilles domestiques ».
Ces deux positions ne sont pas totalement incompatibles : le frelon oriental prélève effectivement des abeilles, mais l'Anses évalue que la pression exercée reste sans commune mesure avec celle du frelon asiatique. Compte tenu de son antériorité et de sa relecture par PatriNat (OFB-MNHN), l'évaluation de l'Anses est aujourd'hui la référence. La question mérite néanmoins d'être suivie : les effectifs français de l'espèce restent trop faibles pour conclure définitivement.
Prenez une photo à distance et signalez l'observation. Le Muséum national d'Histoire naturelle recueille les signalements de frelon oriental à l'adresse [email protected], en précisant la localisation, la date, et l'emplacement du nid s'il a été repéré.
Ne tentez jamais de détruire un nid souterrain vous-même.
Rien ne permet de l'affirmer. Les deux espèces occupent des niches différentes — nid souterrain contre nid aérien — et le frelon oriental reste cantonné au sud-est.
Il n'est pas inscrit sur la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l'Union européenne, contrairement au frelon asiatique à pattes jaunes.
C'est le mode de nidification habituel de l'espèce dans son aire d'origine méditerranéenne et moyen-orientale. Il utilise des cavités du sol, parfois des murs ou des composteurs.
Non. Le frelon oriental est le seul frelon exotique établi en France en dehors du frelon asiatique à pattes jaunes. Les frelons géants ne s'y trouvent pas. Frelon grand-duc (Vespa soror) : faut-il s'inquiéter ?
Informations vérifiées le 14/08/2026.