Détecté en Espagne depuis 2022, jamais observé en France. Ce que l'on sait, et ce que surveillent les autorités.
Le frelon grand-duc n'a jamais été observé en France. Il a été détecté en Espagne, dans les Asturies, à partir de mars 2022 — première occurrence documentée de cette espèce en Europe. L'Anses recommande de surveiller son arrivée éventuelle, en particulier dans le sud-ouest, sans qu'aucune donnée ne permette aujourd'hui de parler d'une menace installée.
Vespa soror est un frelon originaire d'Asie du Sud-Est, parfois appelé frelon géant du Sud. Le nom français « frelon grand-duc » a été forgé par les entomologistes pour refléter à la fois sa parenté avec Vespa ducalis — le « frelon duc » — et sa proximité avec Vespa mandarinia, le frelon géant.
C'est l'un des plus grands frelons connus au monde : il peut atteindre 46 mm.
Son apparence est distinctive : une tête jaune, un thorax noir du côté de la tête et orange du côté de l'abdomen, et deux premiers segments abdominaux présentant un dégradé de jaune, d'orange puis de brun, les segments suivants étant noirs.
En Espagne, dans les Asturies, sur la commune d'El Campo (Siero).
Au total, quatre spécimens ont été collectés : les premiers en mars 2022, les suivants en octobre 2023. Cette découverte a fait l'objet d'une publication scientifique en 2024 dans la revue Ecology and Evolution, sous le titre explicite d'« alerte précoce » sur la première occurrence du frelon géant du Sud en Europe.
Le mode d'introduction reste inconnu. La répétition des captures sur deux années distinctes suggère toutefois que l'espèce ne s'est pas contentée d'un passage accidentel.
Non. Le rapport de l'Anses de juin 2025 est catégorique : les frelons géants — Vespa mandarinia comme Vespa soror — n'ont pas encore été observés en France hexagonale.
Le seul frelon exotique établi en France en dehors du frelon asiatique à pattes jaunes est le frelon oriental, cantonné au sud-est.
Pour deux raisons distinctes, l'une apicole, l'autre sanitaire.
C'est un prédateur d'abeilles redoutable. Vespa soror attaque fréquemment en groupe et se nourrit d'insectes divers, dont les abeilles domestiques. Les attaques coordonnées de ce type de frelon géant peuvent anéantir une colonie beaucoup plus rapidement que la prédation individuelle pratiquée par le frelon asiatique.
Ses piqûres sont très douloureuses et peuvent provoquer, comme celles des autres hyménoptères, des réactions allergiques sévères pouvant aller jusqu'au décès chez les personnes sensibilisées.
L'Anses recommande explicitement de sensibiliser les toxicologues des centres antipoison à l'arrivée éventuelle de ce frelon, et de mettre en place une surveillance spécifique dès sa première détection en France hexagonale.
Le sud-ouest est identifié comme la zone à surveiller en priorité, le climat y étant favorable à son installation.
Non, mais la confusion est fréquente.
Le surnom de « frelon meurtrier » (murder hornet) a été popularisé par la presse américaine à partir de 2019, à propos de Vespa mandarinia, le frelon géant asiatique, détecté à l'époque dans l'État de Washington et en Colombie-Britannique. Ce surnom sensationnaliste ne correspond à aucune catégorie scientifique.
Vespa soror est une espèce proche mais distincte. Ni l'une ni l'autre n'a été observée en France.
Dans l'immense majorité des cas, il s'agit d'un frelon européen (Vespa crabro), qui peut atteindre 35 mm et impressionne légitimement. Le frelon européen est une espèce indigène, utile, et protégée dans certains pays voisins : il ne doit pas être détruit sans motif.
Si vous avez un doute sérieux, photographiez l'insecte à distance et transmettez le cliché au Muséum national d'Histoire naturelle ([email protected]) en précisant le lieu et la date. Une identification formelle repose sur des critères morphologiques précis, que seule une photo nette permet d'établir.
C'est l'hypothèse que surveillent les autorités sanitaires, sans calendrier ni probabilité chiffrée. La distance entre les Asturies et le sud-ouest français est faible, mais aucune progression n'a été documentée à ce jour.
Sa taille et son comportement de prédation en groupe le rendent plus redoutable pour les colonies d'abeilles. Pour l'homme, le risque relève des mêmes mécanismes que pour les autres hyménoptères : douleur, réaction toxique liée à la dose, réaction allergique.
Non. Le cadre réglementaire français — loi du 14 mars 2025, article L. 411-9-1 du code de l'environnement — vise spécifiquement le frelon asiatique à pattes jaunes. Voir la réglementation
Informations vérifiées le 14/08/2026.